L’immersion, une plus-value pour votre enfant

L'immersion, une plus-value pour votre enfant
(via enseignons.be)

Depuis plus de 20 ans, l'enseignement en immersion linguistique est passé de deux implantations à 200 dans le fondamental. Aujourd'hui quels sont ses besoins ?
Est-ce une plus-value d'inscrire son enfant en immersion? Retour sur un enseignement en pleine croissance et pourtant toujours méconnu des enseignants et des parents.

Cadre réglementé

L'immersion est apparue suite à une demande des parents. En 1995, c'est l'école liégeoise Léonie de Waha qui propose une immersion en anglais. Une idée audacieuse mais sans cadre légal. Il faudra attendre trois ans pour voir l'apparition d'un décret encadrant l'enseignement en immersion linguistique. Aujourd'hui, il compte 200 implantations dans le fondamental et 90 dans le secondaire avec la possibilité de choisir entre l'anglais, le néerlandais ou l'allemand. Les élèves suivent le même programme qu'un élève en enseignement « normal » et doivent réussir les mêmes compétences que lui à la fin de l'année. La différence ? Obtenir ces compétences dans sa langue maternelle et dans une langue différente.

Un meilleur développement cognitif

Bien que l'enseignement en immersion développe de plus en plus d'implantations, des clichés subsistent. Virginie Bossu, experte en accompagnement pédagogique nous explique : « Les parents pensent que s'ils mettent leur enfant en immersion, celui-ci ne maîtrisera pas sa langue maternelle, ce qui est absolument faux. Le développement cognitif des enfants en immersion est plus haut que celui de l'enfant qui n'est pas en immersion. » Pour l'experte, les points positifs de l'immersion sont nombreux. « Le fait qu'un enfant se retrouve en immersion lui donne un avantage certain au niveau de la langue mais il a aussi développé une autre façon de travailler qui est un avantage pour les études supérieures. » L'enseignement en immersion permettrait aussi de s'ouvrir davantage au monde extérieur en découvrant des particularités culturelles des communautés dont il a appris la langue. » Ce qui lui permet de mieux comprendre l'autre communauté et ses affinités. »

Des plus-values confirmées par Gaëlle Sluiter, professeur de mathématiques en secondaire dans une école d'immersion. Pour elle, les différences entre un enfant en immersion et un autre enfant sont flagrantes. Les élèves en immersion oseraient davantage parler avec un interlocuteur étranger et prendraient beaucoup de plaisir à communiquer dans cette deuxième langue. « Les résultats sont indiscutables au niveau de l'écrit et de l'oral. Les élèves sont conscients de l'importance de l'apprentissage des langues en général. » Les avantages ne seraient pas uniquement visibles au niveau de la deuxième langue mais bénéficieraient également à la langue maternelle. « Dans notre école c'est en effet le cas et des études démontrent aussi que les élèves multilingues ont des facilités dans leur langue maternelle. Ils arrivent à « jongler » plus facilement avec les structures de phrases et ont un vocabulaire plus riche. »

Quelle formation et quels besoins ?

Les cours en immersion néerlandais dans les écoles wallonnes sont donnés par des native speakers. Ils ont donc obtenu leur diplôme en Flandre et viennent donner cours en Wallonie. Pour l'anglais, les professeurs sont soit des native speakers soit des professeurs ayant un diplôme en anglais et ayant une attestation de leur niveau C1. Une situation que Virginie Bossu trouve dommage : « En Wallonie, nous avons des étudiants qui ont suivi un parcours en immersion depuis la maternelle et qui ont terminé leurs études supérieures, malheureusement, ils n'ont pas la possibilité de choisir comme filière un bachelier en histoire et néerlandais ou géographie-anglais. Si c'était possible en Wallonie, on n'aurait pas de problème pour trouver des profs pour les écoles en immersion, ce qui est le cas maintenant car il faut trouver un prof au niveau C1 pour donner l'histoire et la géo en néerlandais donc il faut trouver un prof venant de Flandre alors que nos étudiants en question ont bel et bien le niveau C1 en néerlandais par exemple, mais ils ont dû suivre un bachelier en langues sans la possibilité de le combiner à l'histoire ou la géo. » La pénurie actuelle change la donne puisqu'elle permet aux bacheliers wallons de donner une matière spécifique s'ils savent justifier d'un niveau C1, sans aucun accent. La Flandre, quant à elle, permet à ses élèves de suivre un bachelier histoire-français par exemple et de donner cours en immersion français par la suite, à condition qu'ils aient le niveau C1. La Flandre n'a donc pas besoin de professeurs venant de Wallonie.

Pour améliorer cet enseignement spécifique, les professeurs souhaitent trouver davantage de supports adaptés à l'immersion linguistique. « En effet, les livres existent en français mais pas en néerlandais. D'où les problèmes de traductions avec des traductions littérales des livres français en néerlandais, des problèmes de sources, de droits d'auteurs ... Ils aimeraient que des éditeurs ou des sites existent pour y puiser et partager des documents pédagogiques adaptés », conclut Virginie Bossu.

L'enseignement en immersion, bien qu'en progression constante, reste une filière difficile qui demande beaucoup de travail de la part des élèves. Du travail récompensé dans le futur, lors de la recherche d'un job par exemple, dans un pays qui parle trois langues.

Le 8 février dernier, un colloque sur l'immersion linguistique était organisé au Sénat. Enseignons.be était présent.

 

 

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